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Le livre de bord de l’Académie de l’Aventure © The Roof – Stage 2

Le 14 février 2018, dans Bayonne, Divers, La Rochelle, The Roof France

Découvrir l’Académie de l’Aventure © The Roof :

Album photos | L’Académie de l’Aventure © The Roof | La promotion 2017/2018

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L’Académie de l’Aventure © The Roof est une nouvelle fois sur les sentiers de la découverte.

Après un premier stage d’escalade en grande voie qui s’est déroulé en octobre 2017, à la découverte de la verticalité dans le cadre grandiose des Gorges du Tarn et de la Jonte, c’est cette fois sous terre que vont s’engager les jeunes de l’Académie de l’Aventure © The Roof.

Du 10 au 16 février 2018, c’est autour de la spéléologie, entre Poitou et Limousin, que se réuniront les jeunes de la promotion 2017/2018.

Voici Le livre de bord de l’Académie de l’Aventure © The Roof :

Par où commencer ce second livre de bord pour vous raconter ce second stage de l’Académie de l’Aventure © The Roof ?

Que les historiens de l’himalayisme et les véritables spécialistes nous pardonnent, s’ils viennent à lire ses quelques lignes à suivre, et leurs éventuelles imprécisions historiques. En 1950, lorsque l’équipe d’alpinistes dirigée par Herzog s’embarque pour une expédition qui deviendra celle de la première ascension d’un sommet de plus de 8000 mètres, l’Annapurna, chacun de ses compagnons de cordée ont accepté formellement le principe que, à leur retour, il n’y aurait qu’une seule version du récit de l’expédition, et que celle-ci serait signée par Herzog lui-même (conf. Annapurna Premier 8000).

Ce fonctionnement a montré quelques limites et donné lieu à certaines polémiques historiques qui agitent régulièrement le milieu de la montagne…

Pour ce stage de l’Académie de l’Aventure © The Roof nous avons souhaité raconter collectivement notre histoire. Le rapport à la mémoire et au temps est une notion qui peut parfois sembler bien floue. Elle dépend de l’intensité des situations et de ceux qui les vivent. Plongez une bande d’ados comme la nôtre au cœur d’activités qu’ils découvrent -et notamment la spéléologie-, le tout dans le cadre d’un hébergement sous tentes l’hiver, et vous obtiendrez un cocktail détonnant, où les choses ne se passent pas toujours comme prévu !

Impossible de laisser une telle histoire à une seule plume qui n’apporterait qu’une seule version partielle et tronquée !

Voici donc NOTRE livre de bord : foutraque, complexe et varié, bref : comme nous !

La promotion 2017/2018 de l’Académie de l’Aventure

 

Samedi 10 Février – par Alex Autexier

Cette aventure commence le samedi 10 février. Euh non… En fait elle ne commence pas samedi. Elle commence jeudi dernier chez le médecin à La Rochelle quand ma fille, que je tiens fermement pendant la consultation, me tousse généreusement dans l’œil, et le médecin de me répondre : « pas d’inquiétudes, ce n’est pas la grippe ». En fait c’est là qu’elle commence.

Maintenant on peut donc recommencer.

Nous sommes le samedi 10 février :

10h : il fait beau à La Rochelle. Un petit vent frais vient saluer notre départ.

12h : arrivée à la gare de Poitiers où nous récupérons les basques qui ont voyagé en train.

14h : c’est le soleil de mon enfance, sur le site du CPA de Lathus, qui commence par me chatouiller les naseaux.

15h : le choix -stratégiquement cornélien- de l’emplacement de nos deux tipis d’expédition me met la goutte au nez.

17h : le montage du camp et ma perplexité face à l’une des deux tentes sans double peau entament mon lobe frontale .

17h30 : après avoir fait deux fois le tour du village pour trouver un briquet, nous regagnons le centre, au chaud, là où nous prendrons tous nos repas du soir et du matin.

18h :  je suis assis à l’intérieur, en doudoune, tremblant comme une feuille pendant que les jeunes font un babyfoot avec mon pognon.

19h : nous passons à table. Je me dis que c’est bête d’être aussi couvert. J’enlève une couche et je bois un verre d’eau.

19h30 : J’ai vomi, j’ai plus faim, et j’ai toujours aussi froid.

20h30 : L’air est calme dehors. Il est frais, mais il est calme. Je me ressaisis et reprend espoir en pensant à un bon feu de camp. Nous gagnons le camp de base et j’entreprends de leur montrer comment on allume un « vrai » feu !

21h : nous sommes quatre à souffler comme des époumonés sur 3 braises de papier journal. J’ai à nouveau très froid !

21h30 : trois buchettes brûlent timidement dans un âtre de pierre bien trop grand pour elles. J’expédie le débriefing de la journée et donne mes consignes pour le lendemain. Les jeunes veulent profiter encore du feu. Je ne pense qu’à mon duvet installé à seulement 8 mètres, et nomme Paul « chef de camp ». Permission de 22h30 !

21h45 : je suis en boule, dans mon duvet de montagne, les pieds en dehors de la bâche de sol. Je tremble, j’ai froid, et j’ai oublié d’aller pisser…

22h : Il pleut… Tout le monde se rapatrie dans sa tente respective. Je récupère les garçons Jon, Pierre et Paul.

00h : tout le monde dort autour de moi. J’ai très froid, très soif, et j’ai toujours envie de pisser… La journée de dimanche, la semaine, risquent d’être longues.

Dimanche 11 février – Paul Cazaux-Débat & Laïla Pezeron

C’est dans le froid matinal que le groupe se réveille après une première nuit rythmée par le vent et la pluie. Alex a vraiment une sale tête de gars malade ce matin. A l’intérieur du tipi l’humidité se ressent sur nos duvets et affaires. La pluie continue de tomber quand nous descendons au centre pour prendre le premier ptit’déj du stage.

Après un cours pratique sur les manipulations de cordes utiles en spéléo, notre première exploitation souterraine peut enfin débuter. La rencontre avec Olivier, notre guide sur nos futures explorations souterraines, se passe à merveille malgré une petite appréhension pour certains. Olivier nous fait découvrir sa passion et son quotidien avec toute son énergie et son aura, effectivement il nous transmet toutes ses connaissances et son savoir a propos de ce monde enfouit. Toutes ses explications se déroulent dans le calme et la patience. Après cette agréable rencontre, le groupe est septique et curieux à l’idée de descendre sous terre pour leur première fois.

Academie Aventure The Roof

 

 

« Cette première grotte me confirme l’image que je me faisais de la spéléologie »

Paul Cazaux-Debat

Quelques allées et venues plus tard dans d’étroites galeries et de large salles, le guide nous amène près d’un lac souterrain surplombé par une fresque préhistorique.

Académie de l'aventure © The RoofAcadémie de l'aventure © The Roof

 

 

« Le moment de silence partagé avec le reste du groupe dans l’obscurité impénétrable de la salle m’apaise. »

Paul Cazaux-Debat

Pourtant, il est déjà l’heure de retrouvé la surface et la vie terrestre jusqu’à présent totalement oubliée. La grotte a aussi eu des effets sur tout le reste du groupe mais tous on une image positive de cette première journée sous terre.

« le premier jour où Olivier notre super guide , nous a fait découvrir la grotte de Font Serein, m’a tout de suite rappelait des souvenirs de vacances en Ardèche ayant fait mes premières découvertes en spéléologie . L’odeur de l’argile et le silence de la grotte dans le noir total ont eu un effet sur moi tel la madeleine de Proust. Je ressors donc de la grotte enrichie intellectuellement et le sourire aux lèvres telle une vraie gamine avec une folle envie d’y retourner »

Laïla Pezeron

La journée se termine sur une douche chaude et un débriefing au gîte. Le mauvais temps a eu raison sur notre motivation pour dormir aux tipis.

 

Lundi 12 février – Zoé Galéa & Florentine Goffe.

 

Réveil dans le gîte chauffé, nos sacs de couchage pendent aux poutres. Des bonnes couettes les ont remplacés. Alex nous annonce qu’il ne sera pas de la partie car il a pris RDV chez le médecin à 12h. De toute façon vue sa tête… Après un petit déjeuner copieux, nous retrouvons Olivier dans le local spéléo pour préparer le matériel. Suite à 2h de galère, nous arrivons sur les lieux, à la fois impatients et inquiets.

L’entrée de la grotte est une surprise générale : le puit de 18 mètres, se situe dans une zone pavillonnaire, presque au milieu d’un jardin. Le guide installe la corde fixe et Zoé commence la descente timidement.

« Je descends la première, seule, le vide noir sous mes pieds. Olivier m’encourage. La descente semble suspendre le temps, silencieuse. Je me rassure en respectant la manipulation du descendeur rigoureusement et j’arrive sur le sol escarpé d’une immense salle obscure. Je retire mon assurage et crie : « Libre ! » aux autres apprentis spéléologues. Je profite de mes derniers instants de solitude pour prendre conscience ce dans quoi nous nous sommes aventurés. Je suis inquiète mais subjuguée par l’immensité de Dame nature devant ce spectacle unique. Je me sens privilégiée. »

Zoé.

Un à un, chacun descend suspendu dans le vide et nous nous retrouvons devant le prochain puit, plus court mais plus technique. Nous devenons des as de la descente sous l’œil amusé d’Olivier. Ce guide proche de l’ermite nous transmet sa passion des grottes dans ses histoires. Nous entamons l’expédition rassurés lorsqu’Olivier nous parle d’un passage « Egyptien » dit difficile, que nous passons haut la main ! Après cette réussite fulgurante, nous sommes confiants pour la suite… Grossière erreur nous voila désormais coincés dans une faille verticale pas plus large que notre casque qui en calmera plus d’un.

« Jon semble vivre un vrai cauchemar. Je commence à m’inquiéter pour la suite. C’est à mon tour. C’est une pure horreur, mes mains accrochent la paroi glissante pendant que mes pieds battent dans le vide. Malgré les encouragements de Florentine et de Mélanie, la panique m’envahit. Entre deux insultes à l’égard d’Olivier, je me calme et fais des gestes bourrins qui me permettent de me décoincer du piège et de respirer à nouveau. Qu’est ce que je fais là ?! »

Zoé

« Je suis en fin de file lorsque j’entends Pierre et Jon se lier d’une amitié forte et solidaire. Je me met à stresser : une si belle entraide ne prédisait rien de bon… Zoé coincée devant moi, renforce mes craintes. Le passage traversé, je me met à penser au retour : une nouvelle galère, d’autant plus que le guide nous avoue avoir des « trous de mémoires » ! Blague ou réalité ? »

Florentine

La redescente de la faille nous inquiète mais à notre grand étonnement, seule Mélanie semble avoir préféré la montée. Le retour se fait dans la bonne humeur et le guide s’amuse à tendre des pièges à Florentine décidemment pas à l’aise en orientation ! Nous remontons les deux puits à la force des bras malgré la fatigue et nous regagnons la surface, tous exténués.

De retour au gîte, Alex nous annonce le verdict du médecin : il est grippé. Après une bonne douche nous remontons au camp faire un débriefing de la journée autour d’un feu de camp, sous les étoiles. Suite à quelques disputes pour allumer le feu, la bonne humeur revient avec l’arrivée des chamalows ! Alex est de la partie, duvet autour du cou,

« Rien que pour voir ce magnifique ciel étoilé, ça en valait la peine ! » –

Alex

Académie de l'aventure © The Roof

Mardi 12 février – Mélanie Coyne, Pierre Champeau et Jon d’Abbadie

Mon en ennemi n°1 : le froid !

La nuit du lundi au mardi était la première sous tipis pour moi. Pourtant couverte de deux duvets d’hiver, j’ai trouvée la nuit bien fraîche.

Direction le local de rafting où l’on est accueilli par Mathieu et Félix. Tout le monde se retrouve en maillot de bain pour enfiler les combis et j’ai bien l’impression qu’on se demande tous comment nos mains et nos pieds vont se réchauffer. Alors on se dandine et on sautille !

« J’étais très motivé de faire une activité de plein air après 2 jours dans l’obscurité à l’intérieur des grottes » – Jon.

C’est parti pour une descente d’environ 1h sous un ciel couvert. Pendant celle-ci, Mathieu nous avoue qu’il amène rarement des groupes dans ces conditions, l’eau étant à moins de 5°C.

Chacun à sa place dans le raft, la descente est rythmée de temps calme et de rapides. Mon corps se réchauffe mais mes mains sont alors prises par le froid et une petite envie de vomir se fait ressentir… c’est bien lui, je le reconnais : l’onglet ! Arrrhh !!

« – Il reste combien de temps jusqu’à l’arrivée ?

– Environ 45 minutes »

Ah ouuais !! Il faut à tout prix que je me réchauffe. Je pagaie. Je bouge mes doigts, j’ai l’impression qu’ils ont doublé de volume. Ça brûle !  Je souffle dans mes mains, les mets l’une après l’autre sous le gilet de sauvetage. Ça brule encore !! J’essaye de penser à autre chose et regarde le paysage. Mon regard croise alors celui des moutons qui nous observent d’un air effaré.

L’onglet passe enfin, et je peux alors profité du reste de la descente avec toute l’équipe.

Enfin arrivée sur la berge, mon corps réchauffé, mes mains réchauffées, voilà que c’est reparti … cette fois c’est au tour de mes pieds !! Je vous laisse imaginer ce nouveau quart d’heure de souffrance qui se termine sous une pluie de flocons.

Mélanie Coyne

Après un bon repas nous nous sommes séparés en deux équipes. La première équipe dont je ne faisais pas partie est restée à l’accueil pour trier et sélectionner les dernières photos et travailler sur le livre de bord. La seconde équipe composée de Mélanie, Jon et moi est parti grimper dans la salle de bloc prés de la ferme pédagogique.

Nous nous sommes créés des blocs sans voir le temps passer et, après plus de deux heures, nous avons donc décidé de rentrer rejoindre le premier groupe au gîte pour manger.

Pour finir, la soirée en beauté nous avons fait une partie de Loups-Garous avec un échec cuisant des Loups-Garous.

Pierre Champeau


L’Académie de l’Aventure © The Roof remercie chaleureusement ses partenaires :

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Mots clés : Académie Aventure, livre de bord, spéléologie, the roof,